
3,5 millions. Le nombre permet de changer d'échelle. De ne plus parler d'acte terroriste, mais de conflit. Un conflit dans lequel - à l'instar des prises d'otages - les négociations entre les malfaiteurs et les forces de l'ordre permettent de faire le tri. J'ai appris avec soulagement que les français du Liban commencaient à être rapatriés. De même que les ressortissants des Etats-Unis, du Canada, de l'Union Européenne. Les autres ne sont pas des victimes. Des coupables, certainement. Coupables d'avoir osé la démocratie, tutoyé les dieux, dévoilé leurs femmes, chanté le vin et l'ascèse. D'avoir été le fer de lance de la renaissance arabe, au grand dam à l'époque des puissances anglaise et française. Coupable de n'avoir su gérer plus intelligemment une population de réfugiés. D'avoir osé l'indépendance.
Un pays s'écroule. Les plages de Tel Aviv résonnent des cris des enfants insouciants (France Inter, flash du 18 juillet 16h00). Pas de mots, pas de cris, aucun son du Liban. Les immeubles de Beyrouth s'écroulent sans bruit.
Un silence d'enterrement.
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